Le Nouchi

L’absence de langue véhiculaire africaine en Côte-d’Ivoire  comme le Bambara au Mali, le Moré au Burkina Faso, le Wolof au Sénégal, et le Lingala aux 2 Congo, et une certaine appropriation du français à tous les niveaux de la société (de l’académicien au vendeur de viande illettré du marché), ont entraîné depuis quelques dizaines d’années maintenant, la naissance d’un enchevêtrement de langues locales (60 langues environ).
Le nouchi est né du besoin de communiquer dans la langue du blanc par plusieurs groupes de la population qui n’ont pas forcément eu l’occasion d’aller à l’école. On retrouve donc dans le nouchi des tas de mots venant des ethnies locales comme « woro woro « du dioula qui signifie 15, pour le prix que valait la course de taxi dans le temps, ç’est resté et now tous les taxis communaux sont des « woro woro » ; on a « toklo toklo » pour les couturiers ambulants qui réparent les trous, les déchirures et les petits travaux de retouche en couture ; pour info « toklo » veut dire ‘trou’ en baoulé ! Kpakpato vient aussi du baoulé pour parler du menteur mais le sens a évolué pour désigner le rapporteur,  ou celui qui raconte des commérages et qui s’occupe de ce qui ne le regarde pas.

Vous trouverez sur nouchi.com un dictionnaire riche sur notre nouchi national.
Grâce à  la musique, au zouglou, aux séries télé nationales le Nouchi se répand même  en dehors de le RCI vers de nombreux pays de la sous région, voir même au delà du continent. Preuve en est le succès du titre 1er gaou’; le refrain est très bien connu de tous mais seuls les ‘initiés’ sont à même d’en donner la signification.  Le nouchi est en perpétuelle évolution, on crée des mots, on en abandonne d’autres…..
La classe d’age des interlocuteurs du Nouchi est majoritairement jeune. Même si certaines personnes ‘âgées’ ne se laissent pas aller à le parler couramment, il n’en demeure pas moins qu’elles le comprennent assez bien vu la large diffusion dont il est l’objet. On parle le Nouchi, dans la rue, avec ses amis, avec ses pairs, bref dans les situations informelles et ça fait assez branché ; mais force est de constater que de plus en plus il intervient dans les systèmes scolaires et académiques au point d’affaiblir la maîtrise de la langue française par l’ivoirien en général.

J’ai pu constater à mon retour la présence de quelques poètes urbains du nouchi entre autres les groupes Garba 50, Sansoa, Billy Billy…Le Nouchi fait désormais bel et bien partie du patrimoine culturel de la Cote d’Ivoire et les ivoiriens qui vivent ou qui ont vécu hors du pays savent quel bonheur l’on ressent, lorsqu’on se retrouve entre compatriotes pour « parler Nouchi » On peut même  faire des rîmes en Nouchi ! Essayez de déchiffrer ça, c’est un couplet du groupe zouglou Espoir 2000:
« Tu vois le gomi,
tu veux bombi,
mais elles sont en gbonhi
donc tu yohyi. » 

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