#RTB, #RTI, même combat !


Il est énervant de devoir toujours se tourner vers France24, RFI ou les autres médias occidentaux pour savoir ce qu’il se passe chez nous, alors que nous payons des redevances pour nos chaines locales de radio et de télé. C’est encore plus énervant quand on constate la partialité avec laquelle il leur arrive de traiter certaines informations. Bref.

La RTB lors des événements tragiques du mois de Janvier dernier à Ouagadougou, a essuyé les critiques les plus acerbes des internautes parce qu’elle avait diffusé de la musique, un match de football, 24h chrono, etc… tout sauf ce qui intéressait vraiment ses abonnés : la couverture de l’attaque de Cappuccino et Splendid Hotel.
Aujourd’hui c’est au tour de la RTI, la Radio Télévision Ivoirienne de s’en prendre plein les dents.

Nous suivons tous, France 24, CNN, Euronews, BBC, RFI et autres. Nous voyons comment ils transmettent et traitent les infos en temps réel, et nous comprenons mal que nos médias locaux n’arrivent pas à suivre le rythme, surtout quand ces événements se produisent chez nous. Autant les militaires ont appris je l’espère à rester sur le qui-vive pour pallier à toute éventualité, nos médias eux, n’ont pas encore compris que le public leur exige la même réactivité.

Pour avoir discuté avec quelqu’un du métier, je peux désormais comprendre ce qu’ils vivent. Ce n’est pas toujours le manque de volonté qui les anime mais la prise en compte de plusieurs facteurs primordiaux.

Il y a avant tout les lourdeurs administratives liées à cette gestion médiatique : ordres de mission ; mise à disposition du matériel : véhicule, carburant, outils de transmission Live, etc… ; disponibilité du personnel : signataires, cameraman, chauffeur, journaliste, …
Nos médias n’ont pas appris à gérer les situations d’urgence.
A cela il faut ajouter toutes les interférences et pressions politiques sur les agents et leur hiérarchie.

Ensuite, vient la question de la sécurité lors de la couverture de ce type d’évènements où les militaires, qu’on pourrait considérer comme des spécialistes, sont eux-mêmes armés et protégés jusqu’aux dents : gilets pare-balles, casques, etc… Les journalistes eux n’ont rien. Et si malgré tout, par amour de leur métier ils y vont et prennent une balle, ordre de mission ou pas, il n’y a aucune garantie quant à la prise en charge de leurs proches en cas de décès, par la chaine pour laquelle ils travaillent.

Et puis, alors qu’il est de plus en plus courant de voire des images et vidéos d’amateurs sur les grands médias ailleurs, ici cette pratique n’est réservée qu’aux médias en ligne qui eux ont su rapidement s’adapter et profiter de cette manne. On a vu lors des attentats de Paris, des vidéos amateurs qui se marchandaient justement parce que les journalistes n’arrivaient pas à avoir des images pour leurs rédactions. Si malgré tout notre journaliste réussit à obtenir des vidéos de qualité, rien ne garantit qu’elles seront diffusées, encore moins qu’il soit remboursé si par malheur pour lui, il avait dû payer pour les avoir.

Bref, la liste n’est pas exhaustive et pour que les choses changent, il faut du temps. Espérons néanmoins que ces premiers dérapages de nos chaines nationales serviront de leçon pour les prochaines fois. Parce que malheureusement, tel que c’est parti, prochaines fois il y aura.

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